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Quand, dans un cœur aimant ce sentiment domine
Et que plus amplement la rigueur l’examine
Quand les feux mal éteints de ton regard ébène
Inspire davantage un sentiment de peine
Qu’irrémédiablement sous d’autres latitudes
S’installe une profonde et longue solitude
Je sais ce triste état, il se nomme habitude
Voir la personne aimée verser d’amers sanglots
Mais lui tourner le dos et partir sans un mot
Sans demander pourquoi sans poser de question
Comme si de rien n’était, cruelle preuve d’abandon !
S’effacer lâchement sans tenter un seul geste
Quel désamour flagrant, quelle preuve manifeste
De ce bien triste état rongeant comme une peste
Ou s’en remettre au temps pour effacer les traces
Des mots inexprimés et des rancœurs tenaces
S’enfuir tout simplement pour éviter les maux
Les petits face à face, les remises à zéro
Ou masquer sous des airs, des dehors de clémence
Les signes sans équivoque de son indifférence
De ce triste état là est la pire assurance
Attacher son regard à d’autres beaux visages
Voguer vers d’autres cieux, chercher d’autres rivages
Comme un aventurier rechercher l’inconnu
Quitter les territoires trop longtemps parcourus
Mais subrepticement, sur la pointe des pieds
Pour éviter les crises et les mauvais procès
Ce triste état s’accorde souvent de lâcheté
Quand, face à un cœur aimant accablé de détresse
L’on refuse d’offrir un moment de tendresse
Que l’on offrait jadis en baisers caressants
Et qu’aujourd’hui l’on donne comme on donne aux manants
Avec ce goût de vide vicié au bord des lèvres
Ce peu de fantaisie et ce manque de fièvre
Je sais ce triste état, ses attitudes mièvres
Mon pauvre cœur épris devant cette évidence
N’a qu’une échappatoire tirer sa révérence
Et devant le constat qu’aucun amour perdure
A l’ombre des regrets creuse sa sépulture
Se résout aux adieux…
Malaura