Malaura
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A l’aube où lentement s’effilochait la brume,
Il régnait dans l’air frais comme un parfum d’agrumes,
Fragrance acidulée effleurant les narines,
S’entremêlant gaiement à la brise marine.
Et lorsque tendrement apparut le soleil,
Lorsqu’il vint caresser de ses rayons de miel,
Le jardin silencieux engourdi de sommeil,
Qui puisait dans l’éther la force de l’éveil ;
Bruissant au gré du vent dans des rêves caducs,
Les fruits gorgés de vie exhalèrent leurs sucs.
L’espace s’étourdit du parfum des oranges,
Et chatouilla les cœurs telle une plume d’ange.
Promeneur solitaire, au gré de tes errances,
Si tu perçois un jour cette douce fragrance,
Qu’il flotte autour de toi comme un parfum d’agrumes,
A l’aube ou lentement s’effiloche la brume,
Arrête-toi céans, laisse-toi enivrer,
Respire à pleins poumons l’odeur des orangers,
Car, dans ces rares moments où les sens s’harmonisent,
Où le corps et l’esprit unis se tranquillisent,
Il flotte sur le monde comme un temps suspendu ;
Ephémères instants précieux et bienvenus,
Qui mettent du baume à l’âme et pour un temps très court,
Auréolent les hommes des parfums de l’amour.
Promeneur solitaire, partage ce secret, découvre ce mystère,
L’humaine condition te sera moins austère.
Dans les exhalaisons de fleurs de Néroli
Réside la Beauté, la sève de la vie.
Malaura