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Malaura
Il arrive parfois que les Dieux de l’Olympe
Aient un geste indulgent pour les êtres humains
Et, dans un accès de pieuse compassion,
Révèlent à leurs yeux bien souvent non-voyants,
Un peu du souvenir du paradis perdu.
La nature se pare alors de fastueux éclats
Elle se vêt de pourpre, d’ambre, de jaspe,
Reflets de bronze et d’or…
Tandis que le ciel, à l’unisson de ces atours princiers
Chamarre ses nuages d’une lueur d’aurore
Et verse sur nos fronts de mortels égarés
Les bienfaits éclatants d’une lumière d’or.
Dans ce creuset doré de teintes opulentes
Chacun peut exprimer son trouble et son émoi
Le mystique y verra l’intervention divine
Entendant dans les ors la parole de dieu ;
L’humble fera là le serment d’une vie vertueuse,
Tandis que le cupide rêvant à des fortunes
Entendra résonner des pépites d’argent
Dans cette nuit de flammes ourlées de feux sacrés ;
Le plaisant percevra les notes langoureuses
Que jouent le ciel et l’eau en leurs poses amoureuses
Tandis que l’exilé, porté par la mémoire d’une terre ancestrale,
Se souviendra ému des doux rivages blonds de sa patrie lointaine.
Et moi, devant ce paysage céleste et éphémère
Comme un voile de fumée sur la courbe du temps
Moi, promeneur solitaire dans un songe d’été
Rêvassant à la vue de ces mondes flottants dans les reflets du port,
Dans le scintillement d’étoiles inversées
Mirant leur éclat mort dans l’eau rehaussée d’or,
Que verrai-je moi, dans la douceur du soir,
Dans les parfums de myrrhe, de jasmins et d’encens,
Que verrai-je, moi...Qui ne soit encore toi ?
Malaura